Evangile et science

25 avril 2008

Le Christianisme à l'aube du nouveau millénaire.

C'est avec gratitude et une joie profonde que je remplis la mission que m'a confiée Alphonse Gay, préfacer son dernier ouvrage, véritable testament à la fois scientifique, philosophique et spirituel.

Devant le désarroi et l'errance de notre société qui semble avoir perdu ses points de repère et croit trouver le bonheur dans un matérialisme sans fond, alors qu'elle ne trouve que des plaisirs éphémères, il a voulu nous donner la possibilité de faire la seule expérience qui soit, face à la vie mais aussi face à la mort, l'expérience de la Foi, car pour lui la Foi est une certitude, la certitude est la qualité de ce dont on est certain, c'est la condition primordiale de l'homme, de son équilibre, de sa paix, de sa sérénité jusqu'à l'instant de sa mort.

Si beaucoup connaissent la Clinique Psychothérapique de Selins qu'il créa avec le Docteur Pierre d'Espiney en 1945, ses travaux sur l'objectivation de la manifestation de Vittoz grâce à son invention du "gayographe", très vite devenu le microplèthysmographe[1], peu savent qu'il a dirigé le Laboratoire de recherches fondamentales des Etablissements P.H.R.[2] de Lyon, démontrant la présence d'un facteur physique dans les dilutions homéopathiques. Peu connaissent les travaux qui lui valurent la Médaille d'argent pour la Recherche et l'Invention décernée par l'Académie des Sciences de Paris en février 1981, sous la présidence du Professeur Pierre Jacquinot. Personne ou presque ne sait ses travaux sur les Manuscrits de la Mer Morte, en collaboration avec les R.P. Nieil et Jean, S.J., ni son travail d'exégète et de philosophe.

Pour tous ceux qui s'intéressent à son cheminement, j'ai voulu donner à cette préface un caractère biographique.

Né en 1915, Alphonse Gay a consacré sa vie à la Recherche. Physicien, Docteur es Sciences (thèse soutenue le 3 septembre 1939 ![3] avec pour Directeur de thèse le Professeur Verrain), il a notamment travaillé en tant que membre de la Commission de recherche scientifique avec Jean Boiron sur les "effets physiques des dilutions homéopathiques". Il a dirigé le laboratoire de recherches fondamentales des Etablissements P.H.R. de Lyon de 1946 à 1955. Sa découverte de la présence d'un facteur physique dans les dilutions homéopathiques les plus élevées fut présentée au Congrès International d'homéopathie de Bruxelles et au Congrès homéopathique de Lyon en 1949.

Dans le même temps, Alphonse Gay enseignait à la Faculté Catholique de Lyon de 1948 à 1955.

Bien que Psychanalyste, Alphonse Gay a suivi son cousin et Maître, le Docteur Pierre d'Espiney de Lyon et, délaissant les théories freudiennes, il s'est consacré à l'objectivation de la "manifestation de Vittoz" très improprement appelée "onde"[4].

En 1947, Alphonse Gay découvre des circuits électroniques originaux qui lui permettent de créer un appareil de diagnostic des états nerveux et mentaux, très largement testé à l'hôpital du Vinatier à Bron (Services des docteurs Requet et Balvet) et connu sous le nom de "gayographe". Très vite, grâce aux progrès de l'électronique, ces données sont affinées, développées, complétées et font l'objet d'un nouvel appareil appelé "microplèthysmographe".

Afin d'accueillir et d'aider les malades, il crée, avec le Docteur Pierre d'Espiney, la Clinique de Selins. Il dote cet établissement d'un Laboratoire de Recherches qui a pour but d'étudier "un nouveau phénomène psychosomatique" et de promouvoir la Psychothérapie de Vittoz en milieu hospitalier.

Par la suite (voir la préface et l'introduction de La Psychosynthèse Unicitaire), il abandonnera le nom de psychothérapie de Vittoz pour celui de "Psychosynthèse Unicitaire" plus conforme aux indications psychologiques et psychothérapeutiques données par l'enregistrement microplèthysmographique.

Bien avant que la chromothérapie et la luminothérapie ne soient à la mode, il invente un procédé qu'il nomme "stimulation visuelle" ou "Training Visuel" qui facilite le processus psychothérapique et accélère le stockage des connaissances. Ses travaux intéressent l'UNESCO qui, après son séjour à Harvard, le mandate pour poursuivre ses recherches et apporter sa contribution à la protection maternelle et infantile en Afrique.

Grâce à ses découvertes sur le Training visuel, il collabore avec le Professeur Cohen-Seat de l'Institut de filmologie de l'Université de Paris et avec le Professeur Alfons Silberman de New York. Ensemble, ils organiseront, toujours sous l'égide des Nations Unies, le C.I.R.S.I.V.[5] de Milan.

Ses publications à la Société Médico-Psychologique le mettent en relation, entre autres, avec le Professeur Caleb Gattégno, le Docteur Pierre Bour et Gaston Bardet, puis quelques années après, avec le Docteur Hubert Larcher.

De 1950 à 1956, il participe activement aux Colloques du Hertzberg en Suisse et rencontre le Docteur Roberto Assagioli de Florence et le Professeur Gonseth, qui met à sa disposition le laboratoire du Polytechnicum de Zurich dont il est alors Président.

Au travers de ces démarches qui peuvent sembler fort diverses, en apparence seulement, un seul objectif l'anime : apporter un mieux être à toutes ces personnes qui souffrent dans leur corps, dans leur cœur mais aussi dans leur âme; apporter un mieux être par l'homéopathie, par le Training visuel, par l'enregistrement microplèthysmographique, qui donne les éléments indispensables à la cure, préalable à toute psychothérapie efficace et rapide, enfin, par le Rêve Eveillé Dirigé tel que le pratiquait R. Desoille et avant lui L. Daudet, là encore sous le contrôle objectif du scope (mis au point en 1985).

Tous ceux qui l'ont connu vous diront sa profonde bonté, son exigence envers lui-même d'abord et son indéfectible rectitude.

Après une étude attentive des religions - il avait lu les Védas, le Coran… - il se consacre à la lecture de l'Ancien puis du Nouveau Testament. Depuis l'enfance, il pratiquait ces textes, sa mère, me disait-il, lui ayant appris à lire dans la Bible. Elle avait placé chez son petit garçon, dont elle assuma seule la charge, le germe de la Foi. Il faut savoir en effet qu'Alphonse Gay était orphelin de père : ce dernier avait été tué aux Dardanelles en septembre 1915 alors que son fils naissait le 16 novembre 1915.

Au quotidien il priait, méditait sur les Textes Sacrés. Son érudition, sa vaste culture, sa connaissance des langues anciennes, grec, latin mais aussi syriaque (proche de l'araméen, langue que parlait Jésus), hébreu et arabe littéraire, lui ont permis d'approcher les textes dans leur langue originale.

Cette parfaite connaissance des langues anciennes le fait travailler sous la bienveillante autorité du R.P. de La Vareille, S.J., avec les R.P.Nieil et Jean, S.J. Dès lors et tout au long de sa vie il continuera ce travail d'exégète.

Malgré les nombreuses et très douloureuses épreuves qu'il eut à surmonter, la perte d'êtres chers, tout d'abord, puis, déjà très malade, la perte, matérielle, certes, de sa clinique, de son laboratoire et même de notre maison, pas un seul instant je ne le vis désespérer. Il citait souvent cette phrase de Jésus que nous rapporte St Jean en XIV, 1 : "Que votre cœur ne se trouble pas, croyez en Dieu, croyez en Moi".

Jusqu'au bout, avec courage et une absolue droiture, il a suivi ce que Paul nous enseigne dans II Timothée, IV, 7, "J'ai combattu le bon combat, j'ai poursuivi ma course, j'ai conservé ma foi". Je l'entends encore me le dire quand la tempête soufflait de toutes parts.

En effet, le linéament, le fil conducteur de toute sa vie, a été l'approfondissement et la mise en pratique de sa foi chrétienne.

Revenant sans cesse à l'étymologie, avec une rigueur toute scientifique et une probité totale, il a voulu nous transmettre non pas "sa" version des Evangiles, mais une version qui au-delà de tout dogme serre au plus près le texte évangélique. Il a respecté tout au long de ce travail le principe auquel il était tout particulièrement attaché : le principe de non contradiction.

Il s'adresse aux érudits, qui trouveront là une démarche familière, aux scientifiques qui, dans la deuxième partie, verront les liens qu'il établit entre les théories des Champs, la néguentropie et le message de Jésus, aux thérapeutes, mais aussi et surtout à chacun d'entre nous qui cherchons le chemin de la Foi, l'Espérance immense que contiennent les Evangiles qu'il nous propose de lire, relire et méditer.

Dans le texte grec, Matthieu en VI, 33, nous dit : "Recherchez primordialement le Royaume et la Rectitude de Dieu et tout le reste vous sera donné de surcroît.".

Alphonse GAY nous invite, dans son ultime message, à faire l'expérience de la Foi, à pratiquer à chaque instant la Présence de Dieu.

Michelle GAY-LAURANS

[1] Voir la Psychosynthèse Unicitaire / Michelle Gay-Laurans. Lyon : l'Interdisciplinaire, 1990. - p.92 et ss. Désigné infra comme M.G.L.

[2] P.H.R., nom des Laboratoires Homéopathiques Jean Boiron, devenus Laboratoires Boiron en 1967.

[3]Jour de la Déclaration de guerre. Alphonse Gay, sursitaire, sera mobilisé immédiatement après sa soutenance de thèse, dans la marine, à Bizerte (Tunisie).

[4] Voir la Psychosynthèse Unicitaire, p.30 et ss.

[5] Conseil International de la Recherche Scientifique sur l'Information Visuelle.


"Le Christianisme à l'aube du Nouveau Millénaire" est en vente depuis le 2 juin.

Vous trouverez ci-dessous le bon de commande.

Bon_de_commande

Posté par MGLeditions à 16:12 - Commentaires [3] - Permalien [#]


10 avril 2008

Publication

Dans quelques semaines sera publié "Le Christianisme à l'aube du nouveau millénaire", un ouvrage d'Alphonse Gay (1915-2000), Docteur ès Sciences, Psychanalyste, Thérapeute, et Exégète.

Toute sa vie, il s'est consacré à la recherche, mettant ses connaissances à la portée de tous, faisant ainsi une synthèse entre Sciences et Foi.

Posté par MGLeditions à 09:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]